Oméga-3 et cardiovasculaire

Anne Daudin, Naturopathe

Les oméga-3 sont des acides gras polyinsaturés, appelés acides gras « essentiels » car ils sont indispensables au bon fonctionnement du corps humain et ne peuvent pas être fabriqués par l’organisme. Ils doivent donc être apportés au quotidien par l’alimentation. Les effets bénéfiques des oméga-3 sur l’ensemble du corps sont aujourd’hui largement prouvés par la communauté scientifique. Les chercheurs ont notamment mis en évidence l’effet protecteur des oméga-3 sur la santé cardiovasculaire, avec une action préventive sur certains facteurs de risques tels que la tension artérielle, l’agrégation plaquettaire, les troubles du rythme cardiaque ou encore les dysfonctionnements dans le métabolisme des lipides. 

Il existe trois types d’oméga-3 : l’acide alpha-linolénique (ALA), l’acide eicosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoïque (DHA). Les oméga-3 ALA se trouvent principalement dans les huiles végétales et certains légumes. Quant aux oméga-3 EPA et DHA, ils sont essentiellement présents dans les huiles de poissons gras et certaines algues. Notre corps est capable de fabriquer l’EPA et le DHA à partir de l’ALA mais le taux de conversion est très faible. Il est donc essentiel de varier ses apports en oméga-3 chaque jour, en particulier les précieux EPA et DHA, indispensables à une bonne santé du corps et du cœur.  

Les oméga-3 agissent à tous les niveaux de la sphère cardiovasculaire : le cœur, les vaisseaux sanguins, le sang et la formulation sanguine.

Les chercheurs ont mis en évidence la capacité des oméga-3 à diminuer les troubles du rythme cardiaque et à maintenir une pression artérielle normale. Une méta-analyse a ainsi mis en évidence qu’une supplémentation en EPA et DHA permet d’abaisser significativement la fréquence cardiaque au repos des patients par rapport au placebo [1]. Selon une autre étude récente, un apport supplémentaire en oméga-3 pourrait être bénéfique pour les personnes atteintes d’insuffisance cardiaque [2].

Les oméga-3, du fait de leur nature d’acides gras insaturés, ont une structure moléculaire souple qui leur permet de préserver l’élasticité des parois cellulaires, en particulier des vaisseaux sanguins. Les chercheurs ont mis en évidence les propriétés vasodilatatrice, anti-inflammatoire et anti-thrombotique des oméga-3, retardant le développement des plaques d’athérome [3]. Une étude a démontré qu’un apport de 1260 mg par jour d’oméga-3 d’huile de poissons peut diminuer l’agrégation plaquettaire et la formation de caillots [4]. Selon une méta-analyse, la consommation d’oméga-3 EPA et DHA diminue le risque de maladies coronariennes, en particulier chez les personnes à risque élevé [5].

Les oméga-3 ont également une action favorable sur les symptômes associés au syndrome métabolique. Selon une étude, une supplémentation en oméga-3 de 200 mg d’EPA et 300 mg de DHA par jour administrée à des patients atteints d’hypertension et de diabète, a permis d’abaisser le taux de glucose sanguin, réduire l’inflammation et diminuer le taux de triglycérides [6].

Mon conseil Naturo : En prévention ou pour aider le corps à retrouver une bonne santé cardiovasculaire, une alimentation riche et variée en oméga-3 est essentielle et peut nécessiter la prise d’un complément alimentaire riche en EPA et DHA. Il est recommandé de prendre 500 mg d’EPA+DHA par jour afin de couvrir les besoins quotidiens du corps. Les compléments alimentaires se présentent généralement sous forme de capsules d’huiles de poissons ou de crustacés. Pour les végétaliens et personnes allergiques au poisson, il existe des compléments spécifiques issus des algues, à base d’EPA, de DHA ou un mélange des deux. Pour varier les apports en oméga-3, il est conseillé de consommer 2 cuillères à soupe par jour d’huiles végétales de qualité biologique et de 1ère pression à froid, telles que : l’huile de lin, noix, colza, cameline, chanvre. Les graines de lin, de chia, la mâche, les épinards, le pourpier sont aussi de bonnes sources d’oméga-3. Sans oublier les petits poissons gras : sardine, hareng, maquereaux, à consommer au moins 2 fois par semaine. Une alimentation variée, équilibrée ainsi qu’un mode de vie sain, et la pratique d’une activité physique régulière, sont les garants d’une bonne santé cardiovasculaire.

Anne Daudin, Naturopathe

NB : Les informations contenues dans cet article vous sont données à titre indicatif. Elles s’appuient sur des travaux scientifiques, des études cliniques ou des usages traditionnels reconnus. Ces informations ne peuvent en aucun cas remplacer l’avis d’un professionnel de santé ou conduire à la suppression ou à la substitution d’un traitement médical. Il ne saurait engager la responsabilité de Natésis® ou de l’auteur de l’article s’il en était fait une interprétation relevant du domaine médical (diagnostic ou traitement).

[1] Hidayat, K. & al. (2017). Effect of omega-3 long-chain polyunsaturated fatty acid supplementation on heart rate: a meta-analysis of randomized controlled trials. European Journal of Clinical Nutrition. 72. 10.1038/s41430-017-0052-3.
[2] Wang, C. & al. (2016). The Role of Omega-3 Polyunsaturated Fatty Acids in Heart Failure: A Meta-Analysis of Randomised Controlled Trials. Nutrients. 9. 18.
[3] Coluss, G.L. & al. (2016). Impact of omega-3 polyunsaturated fatty acids on vascular function and blood pressure: Relevance for cardiovascular outcomes. Nutrition, Metabolism and Cardiovascular Diseases. 27. 10.1016/j.numecd.2016.07.011. 10.3390/nu9010018.
[4] Bagge, A. & al.(2016). Effects of naturopathic medicines on Multiplate and ROTEM: A prospective experimental pilot study in healthy volunteers. BMC Complementary and Alternative Medicine. 2016) 16:64. 1-8. 10.1186/s12906-016-1051-y.
[5] Alexander, D. & al.  (2017). A Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials and Prospective Cohort Studies of Eicosapentaenoic and Docosahexaenoic Long-Chain Omega-3 Fatty Acids and Coronary Heart Disease Risk. Mayo Clinic Proceedings. 92. 15-29. 10.1016/j.mayocp.2016.10.018.
[6] Ellulu, M.S. & al. (2016). Effect of long chain omega-3 polyunsaturated fatty acids on inflammation and metabolic makers in hypertensive and/or diabetic obese adults: A randomized controlled trial. Food & Nutrition Research. 60. 10.3402/fnr.v60.29268.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :